Dès sa sortie sur les écrans sud-coréens, The King and the Clown, fresque
historique locale, gay et très maîtrisée du cinéaste Lee Jun-ik, adaptée
d’une pièce de théâtre, a fait l’effet d’une bombe au dit « Pays du matin
calme. » Ce film décapant met les pieds dans le plat et traite avec force
et subtilité du sujet encore tabou en Corée de l’homosexualité, jugée par
l’Etat coréen « socialement et moralement inacceptable » jusqu’en 2004.
A l’aune d’un bouche-à-oreille géant, cinéphiles et curieux se sont donnés
la main. The King and the Clown a séduit en quelques 12,5 millions de spectateurs
(un sud-coréen sur quatre). Soit le plus gros succès historique de toute
l’industrie du cinéma coréen. A l’échelle de l’Amérique, c’est Titanic
version kimchi. |